Le rap français en 30 albums majeurs : 3ème et dernière partie (2001-2012)

  Si c’était à refaire – Kery James (2001)

« 11 morceaux qui glacent le sang, redonnent naissance, redonnent son sens sans instance au terme conscience » disait Médine de ce « premier » album de Kery James dans son génial ‘Lecture aléatoire’. On l’avait senti dès Le combat continue, le leader d’Ideal J était en route vers un rap plus positif, plus pacifique et plus introspectif. La mort de son ami proche Montana Las le fera définitivement basculer du côté du rap dit conscient. On pourra critiquer des paroles pour le coup très voir trop moralistes, mais il faut reconnaitre à Kery sa capacité à préparer l’auditeur à ce changement dès les premiers morceaux et à bien le faire (le morceau titre, ‘Parce que’). En dépit de quelques redites (les morceaux ‘Cessez le feu’, ‘Soledad’, ‘La honte’ et ‘Déséquilibre’ sont finalement très semblables), le rappeur d’Orly apporte des couleurs musicales orientales chatoyantes et un message de paix qui au final font du bien au rap français. Mieux, il livre un classique instantané avec ‘Deux issues’ et un bijou d’introspection de plus 9 minutes sans refrain avec ’28 décembre 1977′. Au final, Si c’était à refaire est un disque majeur dans l’histoire du rap français, et plus de dix ans après toujours le meilleur projet (et de loin) solo de Kery.

  Mille et un fantômes – Chiens de Paille (2001)

‘Maudits soient les yeux fermés’ et ‘Comme un aimant’ avaient déjà donné le ton : Sako et Hal font dans le rap sombre et introspectif. Leur premier album ne dérogera pas à la règle. Dès le premier morceau éponyme, un bruit de train amorce la longue descente aux enfer contée dans ce story-telling dépressif et glauque. Epaulé par les productions chargées de soul d’un Hal particulièrement en verve, Sako délivre sur un débit rapide des rimes d’écorché vif (‘Si c’est le prix’, ‘Références’, ‘En attendant’, les sublimes ‘Le dos courbé’ et ‘D’un monde muet’), et fait valoir sa technique le temps de quelques egotrips comme c’est le cas sur ‘Consortium’ ou le culte ‘L’encre de ma plume’. Disposant pourtant d’une écriture d’une rare densité et d’une production de premier ordre, Mille et un fantômes est de ces disques trop souvent oubliés car sortis au mauvais moment. Un album encore meilleur dans sa réédition de 2002, qui ajoute au tracklisting ‘Mon carré de bitume’ et ‘Dans mes rêves’, deux morceaux proprement superbes qui profitent d’un Sako au sommet de son art.

  Des lumières sous la pluie – Psykick Lyrikah (2004)

Rarement un titre aura aussi bien décrit l’ambiance dépeinte par son album. Groupe originaire de Rennes, proche de la scène rock comme le prouve la présence d’Olivier Mellano qui donne sa couleur à la fois sombre et corrosive au disque, Psykick Lyrikah livre avec Des lumières sous la pluie un projet à l’homogénéité exceptionnelle. L’ambiance se fait nocturne, lancinante et transparait, troublante d’expressivité, dans les quelques pistes instrumentales qui parsèment l’album (‘L’homme errant’, ‘Fractions’). Pas en reste, les morceaux rappés dévoilent une écriture particulièrement profonde, souvent très personnelle (‘La sphère’, ‘Le dernier chapitre’), qui sans se perdre dans de multiples effets de langages jouit d’une beauté formelle certaine dans sa composition. L’omniprésence de l’environnement urbain, qu’il soit thématique (‘Ma ville’, le morceau titre) ou musical (les bruits au début de ‘Descente’) dégage une atmosphère grisâtre, lourde et pesante, qui culmine dans un ‘Trois lettres rouge sang’ mémorable et contribue à faire de ce disque un ensemble remarquablement construit.

  Jihad – Médine (2005)

Un tigre enragé au fond de la gorge, le mc du Havre livre avec ce second disque son meilleur projet. Soutenu par la puissante production de Proof, Jihad confirme Médine en rappeur engagé (‘Ennemi d’Etat’), belliqueux envers les autres (‘Victory’, ‘Qui veut la paix…’, ‘Besoin de révolution’,) mais aussi envers lui-même (‘Entre loups’) et bien entouré (‘Poussière de guerre’, qui jouit une performance à peine croyable de Lino). Mieux encore, il synthétise deux grands talents de Médine. D’abord le story-telling avec un nouvel épisode de la série des « enfants du destin » cette fois-ci bien plus abouti que ceux de son disque précédent (‘Petit cheval’). Ensuite le rap historique avec deux véritables morceaux de bravoure. ‘Du Panjshir à Harlem’ tout d’abord dans lequel il croise les destins du Commandant Massoud et de Malcom X avec une virtuosité folle. Et le morceau éponyme enfin, sensationnel, qui aurait tout aussi bien pu s’appeler ‘Hier c’est proche’ tant il décrit avec une maestria qui n’est pas sans rappeler ‘Demain c’est loin’ les maux inhérents à l’humanité qui perdurent depuis Cain et Abel.

Autres disques majeurs : Table d’écoute (2006), Arabian Panther (2008)

La-Caution-Peines-de-maures-Arc-en-ciel-pour-daltoniens_portrait_w858  Peines de Maures / Arc-en-ciel pour daltoniens – La Caution (2005)

Avec une musique et des flows hors du temps, La Caution est un groupe à part dans le paysage du rap français. Son deuxième opus, le double album Peines de Maures / Arc-En-Ciel Pour Daltoniens, est un bijou d’énergie et d’inventivité. Derrière les machines, Nikkfurie distille des instrumentaux d’un autre monde, aux influences electro qui tranchent littéralement avec ce que proposait à l’époque un rap français souvent moribond. Au micro, il lâche avec son frère Hi-Tekk une flopée de textes ultra-référencés et métaphoriques, parfois drôles, souvent sérieux et toujours à multiples niveaux de lecture. Mais la vraie réussite de ce double album, c’est de proposer deux galettes aussi indépendants que complémentaires. Peine de Maures représente le versant le plus sombre et revendicatif de La Caution, avec des morceaux comme les excellents ‘Monde libre’, ‘Bancs de poissons’, ‘Chômage, voiture, nuits blanche’ et évidemment le hit ‘Thé à la menthe’ qui termine sa course dans la B.O. d’« Ocean’s Twelve ». Arc-En-Ciel Pour Daltoniens se veut lui plus léger mais non moins pertinent, avec entre autres ‘Connasse’ ou ‘Personne fusible’. Les deux CD’s sont quoiqu’il arrive à ranger précieusement aux côté d’Ombre Est Lumière et Jusqu’à l’Amour, les autres doubles albums mythiques du rap français.

Autres disques majeurs : Asphalte Hurlante (2001)

  Ouest Side – Booba (2006)

N’en déplaise aux puristes adorateurs d’un Temps Mort aussi marquant qu’inégal, Ouest Side est définitivement le disque le plus représentatif de B20. Musicalement très bien produit même si très hétérogène (Reggae avec ‘Au bout des rêves’, presque Rn’b avec ‘Gun in Hand’, electro avec l’exceptionnel ‘Couleur ébène’ produit par le regretté DJ Mehdi), il pêche avant tout, et comme c’est souvent le cas avec l’ourson du 92, par les performances d’invités qui ne sont jamais au niveau. Les meilleurs morceaux sont donc les solos, sur lesquels le rappeur éclate de sa suprématie (‘Garde la pêche’,‘Le duc de Boulogne’) autant que de ses faiblesses (‘Pitbull’, ‘Couleur ébène’). Entre les punchlines les plus expéditives (« Les rappeurs ont le cul gercé depuis que j’exerce »), les plus abyssales (« J’ai demandé ma route au mur, il m’a dit d’aller tout droit »), les plus hilarantes (« C’est pour les enfants terribles qui ne font aucun effort, au parcours comme une queue de négro, long et pénible ») et les plus introspectives (« Moi je rêve, j’accomplis, même si je crève incompris »), Booba livre l’un de ces rares albums de rap français qui sont meilleurs que leur morale.

Autres disques majeurs : Temps Mort (2002), Panthéon (2004)

identite-en-crescendo  Identité en crescendo – Rocé (2006)

Après un excellent (et très hip hop) premier album, Rocé s’envole littéralement sur d’autres cimes avec son deuxième opus au ton beaucoup plus jazzy et expérimental. Identité en crescendo est, comme son titre l’indique, une profonde réflexion sur l’émancipation de l’identité individuelle par rapport à celle de la masse. Une thématique qui englobe chacun des morceaux, parfois de façon frontale (‘Je chante la France’, ‘Le métèque’), parfois de manière plus détournée mais d’autant plus impressionnante (‘Aux nomades de l’intérieur’, une incroyable plongée dans la folie à l’ambiance psychédélique digne de la dernière heure d’Apocalypse Now, l’étouffant et enlevé ‘Besoin d’oxygène’) et donne au disque sa cohérence sans failles. Rocé scande ses textes avec une assurance fascinante, martèle sèchement les mots sur la musique pour mieux en faire exploser tout le sens, à l’image du très dépouillé ‘Seul’. Pas d’invités au micro ici, juste quelques musiciens dont le géant Archie Shepp, prêts à soutenir un discours à la densité rare dans un album fin et fignolé.

Autres disques majeurs : Top départ (2002), L’être humain et le réverbère (2010), Gunz N’ Rocé (2013)

post-3283-1180441985  Du coeur à l’outrage – La Rumeur (2007)

Difficile de choisir entre cet album et L’ombre sur la mesure tant les deux sont d’une importance majeure pour le rap des années 2000. En prenant le meilleur de l’ambiance de polar sombre de son premier opus et de l’énergie brute de Regain de Tension, La Rumeur livre ce qui s’apparente à son album somme. D’une grande puissance sonore, portée par des influences rock évidentes (‘Comme de l’uranium’‘Qui ça étonne encore’, ‘Je suis une bande éthnique à moi tout seul’ avec Serge Tessot-Gay), l’album voit un groupe textuellement à son apogée entre un Ekoué fidèle à lui-même, un Philippe qui se révèle dans tout son potentiel et un Hamé parti visiter des cimes verbales encore inexplorées. Les morceaux de bravoure s’enchainent, depuis les ballades dans Paris nocturne (‘Quand la lune tombe’) en passant par les virées crépusculaires (‘Un chien dans la tête’) et les constats les plus alarmants (‘La meilleure des polices’). La combinaison se révèle particulièrement explosive, et Du coeur à l’outrage reste encore aujourd’hui l’un des derniers vrais grands disques de rap français.

Autres disques majeurs : L’ombre sur la mesure (2002), Regain de tension (2004), Tout brûle déjà (2012)

  Libérez la bête – Casey (2010)

Avec ce deuxième album, la rappeuse de Blanc-Mesnil réussit l’exploit de nous livrer, en 2010, le disque le plus hardcore du rap français. Hardcore dans sa musicalité obscure, lourde et sale. Hardcore dans son flow clair, limpide et martelé avec une rythmique virtuose. Hardcore dans son lyricisme de haute-tenue, oscillant entre bribes d’histoire personnelle (‘Rêves illimités’) et constants rappels historiques (‘Créature ratée’, ‘Sac de sucre’, ‘Primates des caraïbes’), entre dénonciation (‘Aux ordres du maitre’) et énonciation (‘A la gloire de mon glaire’), entre tacle à la gorge des musiciens en carton (‘Apprends à t’taire’) et hommage rendu à un hip hop brut de décoffrage. Hardcore enfin dans son titre éponyme, dont les qualificatifs manquent pour désigner son intrinsèque noirceur. D’une violence inouïe, l’instrumental commence par un inquiétant gémissement pour effectuer une folle montée en puissance entre sirènes et grosses basses, tandis qu’une Casey possédée fout des frissons en livrant une prestation littéralement monstrueuse tant dans le fond que dans la forme. Fin logique d’un grand disque.

Autres disques majeurs : Tragédie d’une trajectoire (2006)

VIRUS  Le choix dans la date – Vîrus (2011)

« J’fais dans l’egotrip de dépressif ». Voilà qui résume bien le style Vîrus, entre introspection au scalpel, humour sombre et jeux de mots mémorables. Composé de ses trois EP calendaires (15 Aout, 31 Décembre, 14 Février ), l’album Le choix dans la date est une introduction de premier choix dans un univers unique. Avec un sens de la formule littéralement vitriolé, Vîrus dépeint l’absurdité d’un monde en décadence, où les relations humaines décrépissent et où les fêtes « plantées comme des clous pour accrocher les souvenirs » ne sont que le pâle reflet d’un système brouillon et brouillé. Rarement projet aura autant suinté la résignation, à peine relevée par l’amusement que provoquent l’humour noir ébène et une écriture à tiroirs multiples.

Autres disques majeurs : Faire-Part EP (2013)

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Comments
24 Responses to “Le rap français en 30 albums majeurs : 3ème et dernière partie (2001-2012)”
  1. Youhou dit :

    Vous avez quand même choisi de prendre une période de douze ans contre quasiment trois fois moins pour les deux autres articles : c’est assez explicite non ?

    Content de voir que vous avez mis Casey ; pas seulement parce qu’elle rappe bien mais aussi parce que, je trouve, le rap féminin a bien percé et certaines artistes ont pris des places importantes (Keny Arkana par exemple qui a en plus profité du creux de la scène marseillaise).

    Enfin, vous avez une belle écriture

  2. Bandini dit :

    Certains disques n’ont rien à faire dans cette liste, d’autres manquent cruellement, surtout un, certes à part mais incontournable : Première Consultation de Gynéco.
    D’autre part, les sages poètes peuvent être largement considéré comme faisant partis de la première génération de rappeurs français, qui en fait ne l’est pas vraiment ( Lionel D, Johnygo, étaient déjà là avant les NTM, Iam etc).
    Enfin, il aurait fallut tout de même mettre au moins la compilation rappatitude ou celle de hostile dans laquelle apparaissait « le crime paie ».
    Dernière chose : ok Ouest Side est le plus représentatif de Booba, mais d’un Booba qui se repose déjà beaucoup sur ses acquis et qui commençent a transfomer sa plume par une flûte. Pour écouter le Booba de Mauvais Oeil ( le meilleur quoi), c’est bien avec Temps Mort qu’on peut le faire, et uniquement lui : C’est d’ailleurs l’un des seuls albums de rap français qu’on peut appeler « classique » au niveau des lyrics, tant il a influencé les rappeurs à venir, même si cotés productions ça un peu peu viellit.
    Sinon, de très bonnes chroniques
    Peace
    Bandini

    • Al' dit :

      Yo. Concernant Ouest Side c’est le meilleur album de Booba. Son flow glisse mieux, c’est ultra lourd dans les punchlines (sans vouloir blasphémer j’suis pas convaincu que ce soit en dessous de mauvais oeil en terme d’écriture), musicalement il tente des vrais trucs c’est ultra-varié audacieux et tout. Réécoute Couleur Ebène ou l’outro, la manière dont il pose sur Boite Vocale, la puissance d’un hit comme Boulbi, la rage sur Ouais Ouais… Franchement c’est un des albums de rap français les mieux foutus de l’histoire. Sinon bravo pour le classement, ça tue.

  3. aloura dit :

    un classement sans le combat continue ….

  4. David dit :

    @youhou : En effet, il y a bien plus de matière dans les années 90, et j’aurai pu facilement faire un top 25 de la décennie, mais une telle liste n’aurait pas apporté grand chose. Représenter un peu le hip hop plus actuel et tout aussi bon est aussi le but de ce récapitulatif. Et merci du compliment.

    @bandini : En plus de Gynéco, Rocé est un autre artiste qui manque et aurait mérité sa place. Mais la liste dit 25… C’est une question de choix, et surtout cette liste n’est qu’une proposition parmi d’autres possibles, elle n’a pas la prétention d’être définitive.
    Quand je parle de la première génération, je parle de celle qui a médiatisé le rap français en sortant des albums (étant donné que c’est là l’objet de ces articles). Evidemment il y a un avant Iam, Solaar etc, mais là n’était pas mon propos.
    La Haine est pour moi la meilleure compilation, justement car elle dépasse ce cadre de simple empilement de morceaux. Ce qui est moins le cas d’Hostile vol.1, que je ne vois d’ailleurs pas dans un top 25 malgré toutes ses qualités. Les quatre morceaux qui suivent ‘Le crime paie’ justement n’ont rien d’inoubliable.
    Enfin concernant Booba, mettre Mauvais Oeil et Temps Mort ne me semblait pas pertinent justement pour les raisons que tu évoques : c’est le même Booba qui rappe sur les deux.

    @aloura : Certes, ce fut cornélien. Cela dit j’explique les raisons qui m’ont poussé à lui préférer O’riginal MC’s, et je le cite en discographie sélective (leurs chroniques respectives pourront aussi t’éclairer quant à ce choix).

    • Bandini dit :

      L’intérêt de faire un classement de « classiques » , quand tu le publies, c’est d’être réprésentatif d’un courant musical, s’il s’agit de faire « qu’une proposition parmi d’autres possibles » ça perd un peu son sens. Et donc, dans le cas où cette liste servirait à éclairer des personnes qui connaissent peu le rap français ou qui ont loupé des disques essentiels pour comprendre ce que peut-être cette musique , ton classement a de trop grosses lacunes pour qu’elles ne soient pas soulignées.
      De plus, il ne s’agit pas de se dire que Booba était le même sur Temps Mort que sur Mauvais oeil mais de juger la qualité d’un disque pour sa forme artistique en lui-même et sur l’impact qu’il eût. Je rejoins Lefty, Chiens de paille n’a eu qu’un impact vraiment limité et surtout sa qualité artistique laisse souvent à désirer.
      Et pour les sages po, oui oui, ils font bien partis de la première génération médiatisée.
      Peace

      • David dit :

        @ bandini : Il faut garder à l’esprit que ce n’est pas un classement de classiques, autrement la liste s’arrêterait en 2002 et ne se limiterait pas à un disque par artiste, mais d’albums majeurs ce qui n’est pas la même chose. Libérez la bête par exemple est à mon sens un album majeur parce qu’il est remarquablement exécuté, mais pas du tout un classique. Pareil pour Jihad ou Tout brûle déjà.
        D’autre part, à partir du moment où une liste se pose une limite de nombre, elle ne sera jamais définitive et aura forcément des lacunes. C’est la règle du jeu, il faut l’accepter. Ce serait bien prétentieux de ma part (et de celle de n’importe qui d’autre) de vendre une quelconque liste de seulement 25 disques comme le classement ultime des albums de rap français. Heureusement que ce n’est qu’une proposition parmi d’autres. Cela dit j’estime que cette liste, en dépit des quelques manques cités précédemment, qui sont inhérents à la chose et que je reconnais tout à fait, est malgré tout très représentative des artistes importants du mouvement, et des albums majeurs de ces artistes.

      • Bandini dit :

        S’il ne sagit pas d’une liste de classiques, autant pour moi, tu as tout a fait raison.
        En tout cas c’est toujours un plaisir de voir des passionnés écrire sur le rap français et tenter ce genre d’exercices
        Peace

  5. lefty dit :

    et t’a rien mis comme rap du 18eme genre scred co,hugo boss , tsr crew ,flynt ils ont fait que des classiques et sinon aussi serieux ya pas de luciano ou fonky family, la ta fait ton classement perso pck Si dieu le veut ou mode vie beton style sont plus des classiques que chien de paille tu vas a marseille luciano c’est un dieu et pas qu’a marseille alors que chiens de pailles ca a pas marqué son époque

  6. David dit :

    @lefty : A partir du moment ou la liste n’a pas pour vocation de plaire à tout le monde et a été faite selon mes critères uniquement, oui c’est un classement perso, et je n’ai jamais prétendu l’inverse, même s’il se veut aussi représentatif dans la mesure du possible.
    Je n’ai rien contre le rap du 18ème mais il faut remettre les choses dans leur contexte : c’est un top 25 (autrement dit, c’est plutôt élitiste), et je ne vois aucun des albums de ces artistes dans un top 25.
    Concernant la FF, c’est exact c’est aussi un manque. Si Dieu veut… aurait pu figurer dans le classement étant donné son impact, mais il y avait déjà beaucoup trop d’albums de 1998. Mode de vie… un peu moins même si c’est un très bon disque. De là à virer les Chiens de Paille (qui sont cannois, pas marseillais ;)) c’est autre chose. Mille et un fantômes a justement marqué bien au delà de son époque, d’où sa présence.

  7. Jack dit :

    Lecture agréable et retour dans le passé du rap hexagonal (sauf pour la fin de la rétro).
    Mais pourquoi oubli-t-on toujours Benny B 😉
    Un grand merci a toi.

  8. Vinz dit :

    C’est vrai que préférer tout brule déjà à l’ombre sur la mesure est un choix que je ne comprend pas, malgré tes explications.
    En quoi philippe est-il meilleur qu’avant: il sort des phases completement hors-sujet sur certaines musiques (quand je marche tu cours par exemple). Meme si sur petit laura, il est excellent, il n’atteint pas le niveau de le silence de ma rue, je trouve.
    Je pense aussi que l’ombre sur la mesure est beaucoup varié que tout brule deja, les thèmes évoqués sont variés et engagés (certes lourds), musicalement il y commencait à y avoir les prémices plus électroniques de regain de tension ou du coeur a l’outrage.
    Bref, j’ai été assez décu de la rumeur sur cet album. Il est bien, mais de la part de la rumeur, je m’attendais à un album exceptionnel, surtout à la vue du contexte dans lequel est sorti le cd.
    Merci!

    • David dit :

      Je conçois tout à fait qu’on puisse ne pas être convaincu par le virage musical et thématique pris par La Rumeur, simplement je prends ce disque comme une évolution très réussie, à laquelle j’adhère totalement. Après ce n’est pas forcément mon album préféré de groupe (à vrai dire ce serait plutôt Du coeur à l’outrage, même si ça change souvent), mais il m’a bien marqué et j’y ai vu là un moyen de boucler le classement avec un disque de 2012, autant qu’un moyen de souligner le haut niveau, à mon sens, de ce quatrième essai qui a déçu pas mal de monde c’est vrai.
      Pour Philippe, je trouve qu’il a vachement plus d’impact dans ses placements et ses intonations (sur ‘Un soir comme un autre’ ou ‘Hors sujet’ par exemple il bute vraiment je trouve). Pour ce qui est de ‘Quand je marche tu cours’ en revanche je suis d’accord avec toi, je n’ai pas vraiment compris pourquoi il était pas en accord avec les autres. Même si je note qu’au fil des couplet le thème des enfants est de moins en moins présent (Hamé est père, Ekoué semble vouloir l’être et Philippe n’en parle même pas). Bon ok c’est un capilotracté 🙂

  9. yacine dit :

    Bon … lire « Ali faire-valoir » (même si je pense que ce n’était pas forcément péjoratif dans ton esprit), ça me fait très mal !

    • David dit :

      Non pas du tout en effet, d’autant que je fais partie des rares qui écoutent davantage Chaos & Harmonie et Le Rassemblement que Temps Mort et Ouest Side. Ali a une écriture qui me fascine. Après dans Mauvais Oeil je retiens plus facilement Booba car il y est plus percutant, et sa force de percussion vient aussi de cette différence de ton par rapport à Ali. D’où le « faire-valoir ». Le terme est peut-être pas très bien choisi mais c’était plus une manière de souligner le contraste entre les deux que de dire de Ali que c’est un piètre rappeur.

      • bandini dit :

        Le terme est plus que mal choisi, « faire-valoir » signifiant qu’Ali ne serait là que pour mettre en valeur Booba. Or, dans Lunatic, les deux sont des doubles (opposés) formant une seule entité. En clair : booba n’est rien sans Ali et réciproquement. Mais le terme est surtout injuste car il semblerait bien que sans Ali, Booba n’aurait peut-être jamais existé dans le pera.C’est lui qui l’a introduit au PDS, l’a fait connâitre aux sages po etc..;
        Un grand respect à Ali qui est véritablement le plus grand des deux rappeurs sur mauvais oeil et qui a toujours le respect de la rue. Ali à une vraie profondeur sur disque et une écriture juste, il représente;Les vrais savent

  10. David dit :

    Bon c’est pas si terrible que ça non plus 😉 J’ai le souvenir d’une chronique qui était particulièrement dure envers le Ali de Mauvais Oeil (je me demande si c’est pas celle de l’abcdr d’ailleurs, il faudra que je vérifie). Non vraiment même si je trouve que Booba est le meilleur des Lunatic, j’admire l’évolution d’Ali et sa discographie certes plus courte mais parfaite, ce qui est loin d’être le cas de son ex compère.

    • bandini dit :

      Oui sur le site de l’abcdaire du son la chronique de mauvais oeil, meilleur album de rap français selon moi (pas HH), a été d’une médiocrité afligeante, à croire que ces rédacteurs étaient à l’époque néophyte en la matière – même s’ils le sont parfois toujours. 🙂

  11. Pour moi il manque KLR de Saïan Supa Crew…

  12. Olivier dit :

    « Si c’était à refaire… le meilleur projet (et de loin) solo de Kery. » T’es sérieux?

  13. Olivier dit :

    « Tout brûle déjà n’est pas foncièrement le meilleur disque du groupe » on peut même dire que c’est le moins bon!

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