Rap, Hip-Hop : 30 années en 150 albums, de Kurtis Blow à Odd Future

Les ouvrages français de qualité traitant de la culture hip hop ne sont pas forcément légion. En l’occurrence celui-ci, réalisé par Sylvain Bertot, ancien rédacteur en chef des feu webzine Nu Skool et Hip Hop Section, mérite que l’on s’y intéresse. L’introduction, 75 pages passionnantes retraçant l’ histoire du mouvement depuis ses balbutiements jusqu’à aujourd’hui en faisant un rapide crochet par ses scènes française, britannique ou encore japonaise, mérite à elle seule le détour.

Mais le gros du travail, une liste de 150 albums majeurs depuis 1980 jusqu’à 2012 n’est pas en reste. Alors bien sûr, on sait tout ce que ce genre de liste implique d’injustices et de partis pris. Ici, disques imparfaits mais symboliques ou parfois totalement improbables côtoient de véritables perles connues et reconnues, comme d’autres totalement passées sous les radars des amateurs les plus éclairés. En s’interdisant de nommer deux réalisations d’un même artiste (sauf bien sûr dans le cas groupe/solo), et en ne se limitant pas à la scène américaine, certes majoritaire à 95%, la liste joue avec brio la carte de la représentativité, et pour sûr vous fera découvrir quelques gemmes oubliées de l’histoire. Qu’on se rassure, chaque représentant à classiques multiples dispose de sa discographie sélective, souvent très juste même si on relèvera aussi quelques étrangetés (comment oublier de citer un disque du calibre de Stakes is High chez les De La Soul par exemple ?).

Le revers de la médaille, c’est forcément l’absence de certains gros classiques au détriments d’albums plus discrets mais aussi importants. Certes, juger Doggystyle trop proche de The Chronic pour lui laisser une place dans le classement puera sûrement l’hérésie pour beaucoup. Et l’absence de personnalités aussi importantes que Big Daddy Kane ou les Jungle Brothers, relégués dans une section « Egalement conseillés » fourre-tout un peu brouillonne pourra décevoir. Il n’empêche que les choix sont souvent judicieux (exemple, préférer parler d’Onyx avec All We Got Iz Us plutôt que Bacdafucup) et particulièrement bien amenés. Une remarque qui vaut aussi pour les quelques représentants en rap français, même si leur nombre (cinq) paraît abominablement réducteur en dépit encore de quelques noms supplémentaires balancés de ci de là en fin de chronique. Des chroniques toujours intéressantes par ailleurs, malgré, par instants, un ton peut-être trop propre sur lui et un vocabulaire répétitif.

Le seul véritable regret, c’est peut-être que le livre ne se soit fixé comme date limite que celle de son bouclage, et l’on est en droit de se demander si certains des choix les plus récents seront encore pertinents dans quelques années. Un écueil qui n’empêche pas de faire de cet ouvrage une lecture fortement conseillée à tout fan de hip hop qui se respecte comme à celui qui voudra découvrir le genre de la plus agréable des façons.

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